29/12/2012
Morceaux choisis - Léopold Sédar Senghor
Léopold Sédar Senghor
Léopold Sédar Senghor, Poésie complète (Planète Libre, 2007)
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09:42 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres | |
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24/12/2012
Lire les classiques - Jehan Rictus
Jehan Rictus
lu par Monique Morelli
Et vous aussi, Vierge Marie,Sainte-Vierge, Mère de Dieu,qui pourriez croir’que j’vous oublie,ayez pitié du haut des cieux.
J’ suis là, Saint’-Vierge, à mon coin d’rueoù d’pis l’apéro, j’bats la semelle;j’ suis qu’eune ordur’, qu’eun’ fill’perdue,c’est la Charlotte qu’on m’appelle.
Sûr qu’avant d’vous causer preumière,eun’femm’qu’est pus bas que l’ruisseaudevrait conobrer ses prières,mais y m’en r’vient qu’ des p’tits morceaux.
Vierge Marie... pleine de grâce...j’suis fauchée à mort, vous savez;mes pognets, c’est pus qu’eun’ crevasseet me v’là ce soir su’l’pavé. Si j’entrais m’chauffer à l’église,on m’ foutrait dehors, c’est couru;ça s’voit trop que j’suis fill’soumise...(oh ! mand’ pardon, j’ viens d’ dir’ « foutu. »)
T’nez, z’yeutez, c’est la Saint-Poivrot;tout flamb’, tout chahut’, tout reluit...les restaurants et les bistrotsy z’ont la permission d’la nuit.
Tout chacun n’pens’qu’à croustiller.Y a plein d’ mond’dans les rôtiss’ries,les épic’mards, les charcut’ries,et ça sent bon l’boudin grillé.
Ça m’fait gazouiller les boïaux!Brrr! à présent Jésus est né.Dans les temps, quand c’est arrivé,s’ y g’lait comme y gèle e’c’te nuit,su’ la paill’ de vot’ écuriev’s z’avez rien dû avoir frio,Jésus et vous, Vierge Marie.
Bing !... on m’ bouscule avec des litres,des pains d’quatr’livr’s, des assiett’s d’huîtres,Non, r’gardez-moi tous ces salauds!
(Oh ! esscusez, Vierge Marie,j’ crois qu’j’ai cor dit un vilain mot!)
N’est-c’ pas que vous êt’s pas fâchéequ’eun’ fill’ d’amour plein’ de péchésvous caus’ce soir à sa magnèrepour vous esspliquer ses misères?Dit’s-moi que vous êt’s pas fâchée!
C’est vrai que j’ai quitté d’chez nous,mais c’était qu’la dèche et les coups,la doche à crans, l’dâb toujours saoul,les frangin’s déjà affranchies....
(C’était h’un vrai enfer, Saint’-Vierge;soit dit sans ête eune effrontée,vous-même y seriez pas restée.)
C’est vrai que j’ai plaqué l’turbin.Mais l’ouvrièr’gagn’pas son pain;quoi qu’a fasse, elle est mal payée,a n’ fait mêm’pas pour son loyer;
à la fin, quoi, ça décourage,on n’a pus de cœur à l’ouvrage,ni le caractère ouvrier.
J’ dois dire encor, Vierge Marie!que j’ai aimé sans permissionmon p’tit... « mon béguin... » un voyou,qu’ est en c’moment en Algérie,rapport à ses condamnations.
(Mais quand on a trinqué tout gosse,on a toujours besoin d’caresses,on se meurt d’amour tout’sa vie:on s’arr’fait pas que voulez-vous !)
Pourtant j’y suis encore fidèle,malgré les aut’s qui m’ cour’nt après.Y a l’ grand Jul’s qui veut pas m’laisser,faudrait qu’avec lui j’me marie,histoir’ comme on dit, d’l’engraisser.Ben, jusqu’à présent, y a rien d’ fait;j’ai pas voulu, Vierge Marie! Enfin, je suis déringolée,souvent on m’a mise à l’hosto,et j’ m’ai tant battue et soûlée,que j’en suis plein’de coups d’couteau.
Bref, je suis pus qu’eun’salop’rie,un vrai fumier Vierge Marie!(Seul’ment, quoi qu’on fasse ou qu’on disepour essayer d’se bien conduire,y a quèqu’chos’qu’est pus fort que vous.)
Eh ! ben, c’est pas des boniments,j’ vous l’jure, c’est vrai, Vierge Marie!Malgré comm’ça qu’ j’aye fait la vie,j’ai pensé à vous ben souvent.
Et ce soir encor ça m’rappelleun temps, qui jamais n’arr’viendra,ousque j’allais à vot’chapelleles mois que c’était votre fête.
J’arr’vois vot’ bell’rob’bleue, vot’voile,(mêm’ qu’il était piqué d’étoiles),vot’ bell’ couronn’ d’or su’la têteet votre trésor su’les bras. Pour sûr que vous étiez joliecomme eun’ reine, comme un miroir,et c’est vrai que j’vous r’vois ce soiravec mes z’yeux de gosseline;c’est comm’ si que j’y étais... parole. Seul’ment, c’est pus comme à l’école;ces pauv’s callots, ce soir, Madame,y sont rougis et pleins de larmes.
Aussi, si vous vouliez, Saint’-Vierge,fair’ce soir quelque chos’pour moi,en vous rapp’lant de ce temps-là,ousque j’étais pas eune impie;vous n’avez qu’à l’ver un p’tit doigtet n’pas vous occuper du reste...
J’ vous d’mand’pas des chos’s... pas honnêtes!Fait’s seul’ment que j’trouve et ramasseun port’-monnaie avec galetteperdu par un d’ces muf’s qui passent(à moi putôt qu’au balayeur!)
Un port’-lazagn’, Vierge Marie!gn’y aurait-y d’dans qu’un larantqué,ça m’aid’rait pour m’aller planquerça m’ permettrait d’attendre à d’mainet d’m’enfoncer dix ronds d’boudin!
Ou alorss, si vous pouez pasou voulez pas, Vierge Marie...vous allez m’ trouver ben hardie,mais... fait’s-moi de suit’ sauter l’pas!
Et pis... emm’nez-moi avec vous,prenez-moi dans le Paradisousqu’y fait chaud, ousqu’y fait doux,où pus jamais je f’rai la vie,
(sauf mon p’tit, dont j’suis pas guérie,vous pensez qu’je n’arr’grett’rai riend’ Saint-Lago, d’la Tour, des méd’cins,des barbots et des argousins!)
Ah ! emm’nez-moi, dit’s, emm’nez-moiavant que la nuit soye passéeet que j’soye encor ramassée;Saint’-Vierge, emm’nez-moi, j’vous en prie?
Je n’en peux pus de grelotter...t’nez... allumez mes mains gercéeset mes p’tits souliers découverts;j’n’ai toujours qu’mon costume d’étéqu’ j’ai fait teindre en noir pour l’hiver.
Voui, emm’nez-moi, dit’s, emm’nez-moi.Et comme y doit gn’y avoir du ch’minsi des fois vous vous sentiez lasseVierge Marie, pleine de grâce,de porter à bras not’ Seigneur,(un enfant, c’est lourd à la fin),
Vous me l’repass’rez un moment,et moi, je l port’rai à mon tour,(sans le laisser tomber par terre),comm’ je faisais chez mes parentsLa p’tit’moman dans les faubourgs
quand j’trimballais mes petits frères.
Jehan Rictus, La Charlotte prie Notre-Dame durant la nuit du Réveillon, dans: Le coeur populaire (Le Geai Bleu, 2003)
Monique Morelli, Chansons poétiques et réalistes (EPM, 2011)
00:11 Écrit par Claude Amstutz dans Chansons inoubliables, Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres | |
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22/12/2012
Morceaux choisis - Vénus Khoury-Ghata
Vénus Khoury-Ghata
Vénus Khoury-Ghata, Monologue du mort, dans: Anthologie personnelle (Actes Sud, 1997)
08:43 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres | |
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17/12/2012
Morceaux choisis - Anne Hébert
Anne Hébert
Anne Hébert, Je suis la terre et l'eau, dans: Conversations amoureuses - Poèmes d'amour choisis par José Belin (Géraldine Martin, 1999)
22:55 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature francophone, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres | |
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09/12/2012
Lire les classiques - William Shakespeare
William Shakespeare
William Shakespeare, Sonnet LXXIII, dans: Les Sonnets / précédé de: Vénus et Adonis - Le Viol de Lucrèce (coll. Poésie/Gallimard, 2007)
traduit par Yves Bonnefoy
image: Frank Bernard Dicksee, Miranda (pre-raphaelite.diandian.com)
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05/12/2012
Morceaux choisis - Roberto Veracini
Roberto Veracini
Roberto Veracini, Maintenant que le temps est brume, dans: Eglal Errera, Les poètes de la Méditerranée - Anthologie (coll. Poésie/Gallimard, 2010)
image: nanie77720.wordpress.com
19:45 Écrit par Claude Amstutz dans Littérature étrangère, Littérature italienne, Morceaux choisis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature; poésie; anthologie; livres | |
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01/12/2012
Morceaux choisis - Addellatif Laâbi
Abdellatif Laâbi
Abdellatif Laâbi, Ecris la vie, dans: Oeuvre poétique vol. 2 (La Différence, 2010)
image: lejardindenatiora.wordpress.com
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26/11/2012
Lire les classiques - François de Malherbe
François de Malherbe
François de Malherbe, Poésies (coll. Poésie/Gallimard, 1997)
image: Frank Bernard Dicksee, Contemplation / 1897 (galerie-creation.com)
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11/11/2012
Lire les classiques - Odilon-Jean Périer
Odilon-Jean Périer
Odilon-Jean-Périer, Ecoutez si vous m'aimez, dans: Poèmes (Labor, 2005)
image: Bruxelles (endroits.blogspot.com)
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11/10/2012
Morceaux choisis - Franck Venaille
Franck Venaille
Frank Venaille, Certains qui tombent, dans: C'est à dire (Mercure de France, 2012)
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